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Grâces mystiques

 

• Un garçon très dévot et sacrifié
Il était toutes les nuits en prière, agenouillé sur un escabeau, se tenant sans appui devant la statue de

Marie Immaculée. Je ne me suis pas réveillée une fois sans le voir dans cette attitude. Jamais, durant des années, je n'ai vu son lit défait. Peut-être s'est-il couché une fois ou l'autre : je ne le jurerais pas, mais je ne l'ai point vu couché une seule fois. Notre mère s'apercevait de temps en temps de la chose et lui disait : « Mais, mon enfant, la Sainte Vierge n'en demande pas tant que ça ! » Et pourtant, on travaillait dur, lui comme moi, dans la journée

• L’Agneau mystique
C'était en 1863, à la veille de la Saint-Jean-Baptiste, je crois un samedi. J'étais au Buisson de la Plaine. J'y gardais les vaches de mes parents, et j'avais avec moi, gardant aussi les vaches, Anne Richard, que l'on appelait Navette. Je lui dis : « Regarde donc, Navette, le bel agneau sur le coteau ! » Il était debout, tenant avec son pied gauche la croisette inclinée dans la direction de Chalindrey, et une banderole blanche en pendait.
Ne racontez pas cela avant que j’aie franchis le pont de l’autre monde.

• Apparition de Marie
Pour la Très Sainte Vierge, Elle m'est apparue pour la première fois les mains comme ceci, en Immaculée-Conception. C'était sensiblement avant ma première communion. J'avais une image de la Sainte Vierge, de la Vierge qui doit enfanter, et je faisais une petite procession dans les allées d'un carré de peupliers. Je chantais Ses Litanies. Elle s'est montrée à moi dans les branches des peupliers, presque au sommet, à une grande hauteur, la tête penchée, me regardant. Elle est restée là tout le temps des litanies. Elle a reculé un moment ; mais j'ai continué mon chemin au-delà. Elle était entre les peupliers, dans l'allée ; plus j'avançais, plus Elle semblait aller à reculons. Elle s'est retournée. J'ai fini mes litanies. La Sainte Vierge s'est alors élevée un peu au-dessus des branches et Elle a disparu aussitôt
C'est Elle-même qui me l'a rappelé. A Gray, Elle a dit : « Vous m'avez vue au Pré-Jacquot. » Elle a dit : « Il avait une voix fraîche, que j'aimais entendre. » Elle en a pourtant entendu bien d'autres.

• Service militaire 1875
Souvent, gagné par la fatigue, je m'endormais avant d'avoir pu réciter un psaume, et, toujours, lorsqu'on sonnait la fin du repos, mes doigts se trouvaient à la fin des derniers versets du livre. La Très Sainte Vierge m'a dit (à Gray, en 1909), être venue auprès de moi au camp de Châlons en 1875. Elle tournait les feuilles, m'a-t-Elle dit, et remettait mes doigts à la dernière page. Moi, bonasse, je croyais avoir dit l'office, et je prenais alors mon repos. C'est ce qu'Elle voulait dans Sa bonté attentive. « Quel serait ce bas monde si on laissait faire la Très Sainte Vierge ? Si nous ne mettions pas d'obstacles à Ses bontés, à Son empire sur nos âmes ? Nous L'empêchons d'agir en notre faveur. Pour ceux qui s'abandonnent à Elle, Elle a toutes les prévenances,

• Apparition de Saint Joseph (1880 une fois chez les O de SFS) Œuvre de jeunesse
Je voulais toujours devenir prêtre, mais je n'en concevais plus le moyen. J'allais me retirer, ne me trouvant pas les qualités nécessaires. J'étais désespéré. C'est alors que m'est apparu saint Joseph. Il a fixé ma vocation. C'était à Troyes, dans la chapelle Notre-Dame de l'Espérance, dans les premiers de mars. Il m'a parlé assez longuement et a déterminé ma vocation. Il a dit : « Soyez prêtre. Devenez un bon prêtre ». Ce n'est pas dire que je le sois devenu, mais j'ai fait tous mes efforts pour tâcher d'arriver à ce but. « Soyez prêtre ! » Ça a été très impératif (sur un ton très ferme, et avançant la main comme pour jurer).
Tel que je l'ai vu, saint Joseph devait avoir plus de soixante ans. Sa barbe était comme ses cheveux ; il n'est pas chauve, mais très grisonnant. Il avait une robe brune, avec quelque chose autour du cou, qui formait un pli pendant sur le devant. Il portait du très gros. Je crois qu'il avait une ceinture

La Sainte Vierge dit de lui : « Mon saint époux », et le mot de saint, dans Sa bouche, est chose tout à fait remarquable. Saint Joseph s'est montré à moi pieds nus, comme toujours la Sainte Vierge et Notre- Seigneur. Peu après, j'ai reçu les ordres mineurs (21 mars 1885). C'est saint Joseph qui m'a annoncé mon départ de Troyes, sans me donner de précision. »

  • Avril 1892 vicaire à Guéret

  • Septembre 1892 vicaire à Saint-Ouen
    D'une centaine de premiers communiants, nous étions passés à quatre cents, et j'étais le seul vicaire pour vingt-trois mille âmes ! La Sainte Vierge a béni ce travail. Elle me l'a dit (à Gray, en 1909).
    De pauvres femmes me disaient : « C'est la fille, c'est le fils d'une sœur ou d'un cousin », quand je reconnaissais les mères. Ces pauvres petits enfants n'avaient quelquefois pour tout vêtement qu'un bout de sac ou de gros papier. Bien souvent, les femmes ont vendu les layettes pour s'acheter 2 ou 3 litres de vin. Je me disais : « Laquelle usera bien, laquelle usera mal ? » J'étais dupé du matin au soir. Ces femmes, les Sœurs me les amenaient pour des abjurations, des mariages, des baptêmes. Il fallait toujours signer, et je n'avais pas de temps à revendre. Il m'était impossible de me livrer à des enquêtes sérieuses. Le démon disait (à Gray, en 1909) : « Il s'est fait berner ». La Sainte Vierge a dit : « Il n'avait qu'un objet : la volonté de Dieu. J'aurais fait de même ». Elle m'a dit cependant : « Faites un peu plus attention », mais Elle n'a pas eu un mot de blâme. Si j'avais eu quelque esprit, je Lui aurais demandé qu'Elle m'indiquât dans quel cas donner et dans quel autre refuser ; mais, sur le moment, je n'y ai pas songé. »

• 1900 curé à la Courneuve
. La protection des saints anges sur les habitants de La Courneuve était remarquable. Et moi, dans combien de circonstances m'ont-ils aidé, par leur lumière, la nuit, à La Courneuve ! Ils s'illuminaient, et, presque aveugle, je portais les derniers sacrements par les chemins les plus sombres. »
La Très Sainte Vierge éclairait l'âme d'un prêtre qui allait voir les malades : « Vous direz ça et ça. » Par le malade, il était reçu avec des injures. Il lui disait ça et ça : c'était un coup de marteau ; l'âme était ouverte. C'étaient des secrets qui touchaient immédiatement le moribond. Ce n'était pas pour tous. C'était le fruit, soit de leur dévotion à la Sainte Vierge à un moment, soit à la souffrance de ceux qui les avaient entourés. L'âme s'ouvrait. Le prêtre n'y était pour rien, le moribond non plus. C'étaient des faveurs de la Très Sainte Vierge. Au coma, Dieu donne personnellement. Ce n'est pas en vain qu'il a souffert : il puise dans le trésor de ses souffrances

• L’apparition fondatrice Gray 1909

C'était le 9 septembre 1909, j'étais venu comme chaque année, et le curé de Violot avec moi. On m'a donné de beaux ornements sortis pour un prélat qui devait venir et qui n'est pas venu. J'ai commencé ma messe. L'abbé Lemoine était dans l'intérieur de la chapelle, à droite, sur le prie-Dieu qui est encore là. La Très Sainte Vierge s'est montrée à moi brusquement, et en même temps qu'Elle le démon. Cela m'a causé une émotion extrême. Je me doutais bien, mais je n'osais pas croire à cause de mon indignité, que je me trouvais en face de la Très Sainte Vierge. Cela me dépassait tellement ! La Très Sainte Vierge est descendue de la voûte, assise dans une grande gloire, tout doucement, tout doucement. Elle était comme dans un foyer. Sa gloire pénétrait tout peu à peu : les bougies, le calice, l'autel, les ornements sacerdotaux et moi-même, comme le soleil pénètre le verre, l'eau. Jusqu'où va la gloire ? Il faut savoir ce qu'est la gloire de Dieu en considérant celle qu'il donne à la plus chère de ses créatures. C'était tel qu'un soleil ; je n'ai pas vu ses extrémités. Elle descendait de la voûte comme cela, les mains jointes. Elle avait un petit sourire avant d'élever la voix. Quand Elle a décroisé ses mains, cela a fait comme un remous autour d'Elle. »

« Elle a échangé d'abord quelques mots avec le démon. Pendant la descente, Elle a dit à Lucifer, qui est apparu derrière Elle : « C'est vous ?
—J'ai la permission du Père
—Soit

Puis, comme si Elle l'interrogeait : « Vous savez comme on obéit au Père ? » Il n'a rien répondu, mais j'ai cru que j'étais broyé. Elle a éteint Sa gloire ; la gloire plus petite ne l'a pas quittée de toute la messe. Je restais toujours au Dominus vobiscum. Si j'avais osé, je me serais précipité dans la sacristie, si je n'avais été à l'autel. Quand je regarde le curé de Violot, il met ses deux mains sur sa figure, et sa figure dans son livre, et se penche tout sur son prie-Dieu. Je me dis : « Je serai bien défendu ! » Elle causait, Elle m'interpellait : je n'osais pas Lui répondre. Elle se lève. Elle était d'une taille médiocre. Au mouvement qu'Elle fait, il se produit tout un remous de paillettes lumineuses. Sa couronne n'est apparue que quand Elle s'est mise debout. Ses pieds étaient à peu près à la hauteur de ces chaises. Elle reste un peu au- dessus du sol. De la main droite, Elle m'a fait signe très maternellement : « Continuez », pour me rendre courage. Je me suis dit en moi-même : « Si vous êtes la Très Sainte Vierge, faites-le voir ». Elle me dit : « Je suis la Mère de Dieu ». Quand Elle m'a dit : « Je suis la Mère de Dieu », très doucement, j'ai eu en moi comme un effondrement. De La voir ainsi, sans préparation ! Je ne doutais pas de la parole de la Mère de Dieu. Je L'ai crue ; mais Elle venait en pauvre compagnie (en compagnie du démon) ! »

« Quand je rappelai le martyre de saint Gorgon, Elle sourit doucement. C'était l'oraison de la Nativité ; au ut quibus beatœVirginis..., je me suis incliné vers Elle. Elle m'a rendu gentiment une petite inclinaison de tête. Elle se tenait à ma gauche : Quelle humilité, même au Ciel ! Pour un arlequin de dernière classe ! Je La voyais reflétée sur la glace devant moi, dans le canon d'autel. L'entretien a continué, et, pour ne pas causer une interruption trop longue, Elle m'a fait signe de faire la lecture de l'épître. »
« Le petit servant a dit : « C'est la Sainte Vierge, Monsieur l'Abbé ? » tout en prenant le livre du côté de l'épître pour le porter du côté de l'évangile. Je lui ai répondu à voix basse : « Ne dis rien ! Tu La ferais partir ! » Elle l'a regardé avec une tendresse maternelle. Elle s'est reculée, l'a laissé passer, et Elle a repris Sa place au milieu de l'autel. Quand j'ai dit le Munda cor meum, Elle a quitté le milieu de l'autel et s'est dirigée du côté de l'évangile. »
Elle m'a regardé bien fixement : « Lui vivant, les Allemands ne passeront pas ici », – au Pailly –. Après un petit silence, Elle ajouta : « Même après sa mort. C'est son berceau, c'est le village où il est né. Je deviendrai la Protectrice de ces contrées ». Là ont cessé les tableaux de la guerre, et le bois est apparu. « Ils n'ont rien dans ces contrées ; ils n'ont rien » – pas de pèlerinage. Lucifer lui a dit : « Vous vous appelez déjà Notre-Dame de Lourdes... vous vous appellerez Notre-Dame des Bois ». Elle a tourné légèrement la tête. J'ai suivi la direction et Elle m'a montré la baraque. J'ai vu la baraque, j'ai vu la statuette. Elle l'aura peut-être choisie à cause de ses gestes. La Vierge – c'est gauche et c'est mal fait ! – étend son manteau pour nous protéger et l'Enfant bénit la terre, sur laquelle il n'y a plus de croix. Tout à ce moment, Elle s'est reculée un peu de l'autel : c'était pour laisser passer l'enfant avec le livre. »

« Il y a bien des années que je n'étais allé au Bois-Guyotte, mais je l'ai reconnu tout de suite. Je le voyais à 40 kilomètres comme si j'y étais. Le bois, on le coupait à blanc. J'ai vu à Gray la forêt en désordre, et j'ai vu du monde dans le bois, beaucoup de bûcherons, des scieurs de long, des équarrisseurs d'arbres, peut-être plus de cent personnes. Il y avait des chevaux, des attaches. J'entendais les charretiers qui juraient sous le regard de la Très Sainte Vierge. Et ils ne s'en privaient pas. Le bois était dans un état lamentable, les arbres ébranchés, taillés, il y avait par terre des branches qui pendaient de tout côté. C'était éreinté. Et de grandes plaques nues. C'était en septembre et le bois était déjà roussi. La maison m'est apparue telle qu'elle est, mais dans un état lamentable. Cependant, il y avait quelques carreaux encore, qui avaient disparu quand je l'ai achetée. Il y avait des plaques de plâtre tombées à terre. Il n'y avait pas de chœur, naturellement. Je l'ai vue de près. A ce moment-là, la chapelle était devenue, de

rendez-vous de chasse, logement de bûcherons. De l'autre baraque, que j'avais connue près de la source, il restait un piquet. »
lle causait avec moi, et me faisait un rendement de comptes de ma vie journalière jusques et y compris le Sub tuum terminant la prière du soir, qui n'était pas souvent bien récité. Elle m'a rappelé le privilège sabbatin. Il faut faire ce qui est prescrit. Elle est très stricte pour le respect des ordres du pape. Elle a repassé mon existence. La Très Sainte Vierge m'a expliqué toute mon enfance. Elle m'a dit que, sans Elle, je me serais tué cent fois quand je faisais des cabrioles dans le poirier. Le poirier se trouvait dans le jardin fruitier de mes parents, de l'autre côté de la route par rapport à leur maison, là où est la grange. Puis, qu'Elle m'avait sauvé la vie quand j'avais la fièvre typhoïde. Ni le médecin, ni ma mère n'ont connu la maladie ; elle a été guérie en un jour par l'eau panée. Puis, Elle m'a parlé de l'incendie de notre maison. Elle m'a dit qui l'a allumé. Cela a réduit ma famille à la plus grande misère. Mon trousseau était déjà en préparation pour que j'aille au Petit Séminaire – j'avais dix-neuf ans – et cela a fait que j'ai dû différer. Je n'ai pu qu'y aller après mon service. Elle a dit : « Je le voulais prêtre. Vous le voyez : il est prêtre ».

« Elle m'a parlé aussi de la Médaille Miraculeuse. Elle m'a entretenu d'une statue en plâtre selon la Médaille » qu'une personne m'avait donnée très anciennement. Dans ma foi d'enfant, j'ai cru faire quelque chose de merveilleux en peignant cette statue, un vrai barbouillage. J'avais peint la Vierge en blanc, son manteau en bleu, son voile en blanc. Par une idée bizarre, j'avais peint la ceinture en jaune. « II a voulu me faire une ceinture jaune. C'était laid ! C'était bien laid ! » a dit la Très Sainte Vierge en riant de tout son cœur, mais j'ai accepté l'intention ». J'avais huit ans, ou un peu moins. Cette statue a brûlé dans l'incendie. La sainte Mère a dit : « Un moment, j'ai eu l'intention de sauver la statue, mais il n'en avait pas besoin ». J'ai recherché la statue dans les débris de l'incendie, et j'en ai ramassé les morceaux dans mon chapeau. J'ai porté ces débris où est la maison neuve, et je les ai enterrés au pied d'un groseillier noir. La Sainte Vierge a ajouté : « Il les a placés dans son chapeau. A ce moment, vous avez voulu le tuer » – Elle parlait à Satan – « en faisant tomber le reste de la cheminée, mais j'ai détourné le coup ». En effet, la statue avait été posée sur le manteau de la cheminée, qui était assez grand, comme dans les vieilles maisons. Vous voyez combien la Sainte Vierge est autour de nous ! Elle veille sur nous, Elle nous protège, Elle nous défend ! Enfin, au service, j'étais si fatigué que je serais tombé malade si la Très Sainte Vierge n'avait veillé sur moi. Elle m'a encore parlé de Troyes, de Saint-Ouen.

« Après l'évangile, le prêtre est revenu dire le Credo. Elle a repris Sa place à côté du prêtre, presque devant le livre. Elle l'a laissé commencer le Credo ; à l'Incarnatus est, Elle s'est inclinée, semblant dire : « C'est comme ça ». Au Sub Pontia Pilato, Elle a tendu ses mains fermées au-dessus de l'autel, en crispant ses poings dans un geste de grande douleur. Elle avait les bras tout à côté de moi (et le Père montre la distance d'une dizaine de centimètres). J'étais tellement ému que je me suis trompé. J'ai bafouillé. Quand Elle a vu que je n'en sortais plus, Elle a continué le Credo comme si Elle disait la messe. Ça m'avait donné une telle secousse ! Elle m'a remis où j'en étais resté, bien tranquillement (souriant) : Elle sait bien ses prières. »

« Aux Memento, Elle recommanda au prêtre de demander davantage : il y a abondance et surabondance pour donner. »

« La Très Sainte Vierge annonça la guerre, me parla maternellement de mon enfance, fonda le pèlerinage de Notre-Dame des Bois, me dit qu'Elle désirait une congrégation nouvelle, Elle condamna avec grande énergie le modernisme, traita différents sujets, me défendant contre Lucifer. »

Ce qui m'a intéressé, c'est de voir naître et grandir l’Oeuvre. Je serai une pierre de la fondation. Les monastères refleuriront, les couvents se repeupleront. Après ces dures calamités, les âmes seront nombreuses qui viendront s'y établir. »

« Elle était vêtue d'une robe bleu foncé, avec son voile blanc, les manches serrées aux poignets et pieds nus. Sa robe monte jusqu'au-dessous du menton. Elle a une robe ample et toute simple. Elle peut bien porter autre chose ! Les proportions sont parfaites, tout est parfait dans la Très Sainte Vierge. Ses yeux sont très doux. Elle peut prendre toutes les couleurs d'yeux ; il y a un fixe, pourtant. De son vivant, ils n'étaient ni bruns, ni tout à fait bleus, plutôt pervenche. Les oreilles de la Très Sainte Vierge sont visibles. De même la naissance des cheveux sur le devant du front. On voit également les bandeaux de cheveux sur les côtés. La seule statue qui Lui ressemble un peu c'est celle-ci (rue du Bac, au-dessus de la porte d'entrée des Filles de la Charité), où Elle donne audience à Catherine Labouré. Elle a le visage aussi long, mais Elle n'a pas son front. Elle a l'air trop jeune dans sa statue, et on ne peut pas La vieillir. Je ne Lui ai jamais pu donner son âge. La Vierge est très brune : Nigra sum sed formosa. Son extérieur est très simple. Elle penche rarement la tête et vous regarde bien en face, tout comme Son divin Fils. Mais on sent qu'au-delà de vous, leur regard plonge dans le monde entier. »

« La Très Sainte Vierge a dit : « Il voudrait bien que je le guérisse, mais je ne le guérirai pas. Ça le maintiendra dans l'humilité ». Elle disait cela en voyant mes lunettes, que j'avais posées sur l'autel. J'avais déjà une bien mauvaise vue. »

« La Très Sainte Vierge a dit aussi : « Pendant que je suis sur la terre, demandez-moi tout ce que vous voudrez, je vous l'accorderai. » – Lucifer à la Très Sainte Vierge : « S'il vous demandait la science infuse ? » - La Très Sainte Vierge : « Je peux la lui accorder, mais il ne la demande pas ». – Lucifer : « S'il vous demandait les richesses, les honneurs ?
—Il ne les demande pas.
—Le don des miracles.
—Il ne le demande pas.
Ils ont dit d'autres choses que je ne dis pas. Je me suis dit en moi-même : « Oh, peuh ! » en dédaignant les dons de ce monde ; puis : « Sainte Mère de Dieu, priez pour moi maintenant et à l'heure de la mort ». - « Pourquoi mon Père n'avez-vous pas demandé les grâces utiles à la conversion de beaucoup d'âmes ? » – C'est une grâce qu'Elle m'accordait personnellement. La science infuse aurait été celle de vaincre et de convaincre : je ne l'ai pas demandée. Sur les honneurs, les richesses, je pense pareillement. Je ne les ai pas demandés, non plus que la science infuse. C'était une sorte d'épreuve devant la Très Sainte Vierge. Pourquoi Lui demander les richesses ? J'ai pesé autant que j'ai pu mes paroles : je savais bien qu'Elle ne me laisserait jamais manquer de pain. Un enfant ne va pas dire à sa mère : « Maman, est-ce que j'aurai du pain ? Tu en mettras de côté pour moi pour dans huit jours ? » Non, il sait qu'elle en a et qu'elle lui en donnera. »

• Les visites de Marie à la Courneuve

J'allai m'appuyer contre un petit harmonium, que j'ai vendu, pour dire un Ave Maria. Le saint Archange me dit : « Faites attention ! Vous allez prier devant la Vierge Marie ». Je venais d'apercevoir de vieux journaux traînant par terre, et je m'étais mis à les ramasser. C'étaient des gamins qui les avaient laissés là, et je me disais : « Ils sont insupportables ! » J'étais à quatre pattes pour ramasser ces papiers. La Très Sainte Vierge était là, au milieu des saints, et moi dans cette belle position. Elle dit aux saints qui l'environnaient : « Tenez ! Regardez-le, le voilà, c'est lui ». J'ai piqué un fard. Je ne savais où me mettre ; j'aurais voulu rentrer sous terre. J'ai enlevé ma barrette ; mais, pour le tablier (gesticulant), je tirais sur les cordons, et plus je tirais, plus je serrais. Il y a une espèce d'attraction quand Elle est là. Je sentais bien

que c'était pitoyable. « Tenez, le voilà tout rouge ! » a-t-Elle dit aux saints en voyant que je me démenais. Je me suis dit, mais plus tard : « Le ciel n'est pas le pays de la bile ! » Elle saisit toutes les nuances. Elle a voulu me montrer qu'Elle n'était pas blessée de me voir avec un chiffon épouvantable. »

« La Sainte Vierge est une personne très ménagère (souriant) : Elle n'est pas lésineuse, mais Elle aime bien que les choses soient bien faites. Je l'ai bien vu quand Elle est venue à La Courneuve. Les bonnes femmes, au lieu de mettre les vases comme elles devaient, elles ont bavardé. Je le craignais, les ayant vu bavarder, mais je ne m'étais pas approché d'elles pour éviter plus de bavardages. Elles bavardaient, et le travail ne se faisait pas. A la fin, on vide l'eau d'un vase dans l'autre ; les vases n'étaient pas propres et l'eau était sale, et broup, broup, broup ! (imitant les gestes de personnes qui videraient hâtivement l'eau d'un vase dans l'autre en bâclant l'ouvrage). Et il y avait de la cire et de la terre sur les gradins. Ce jour-là, je n'ai pas surveillé. »

« Quand Elle a été là, j'ai vu les vases, et j'ai vu clair dans le fond des vases comme si je les avais en mains. Et j'ai vu la terre sur les gradins. Ça m'a été montré par Son regard. Elle ne se plaint pas, mais Elle montre du regard ce qu'Elle regarde. Ce n'était pas digne d'Elle. Quand Elle a été partie, j'ai tout lavé ; mais il était bien temps ! Je pestais contre moi-même, et je me disais : « Imbécile ! Que n'as-tu surveillé ? » Elle est bonne, très bonne, mais Elle aime bien que ce qu'on fait soit fait. Elle reprend bien maternellement, mais Elle a montré. Si j'étais passé une heure auparavant, Elle n'aurait pas vu ça. Je m'en doutais bien, puisque j'avais mis ma vieille barrette et mon vieux tablier : je venais nettoyer. Ce qu'Elle devait faire sur la terre devait être bien fait ! »

« Son regard s'est arrêté sur les taches de cire, sur l'eau des vases et le fond des vases, et sur la terre qui avait coulé des pots de fleurs et se trouvait sur les gradins. Elle sait montrer, et tout devient clair là où s'arrête Son regard. On voit comme Elle voit, et la matière n'est pas un obstacle pour Elle. Elle voit tout, considère tout, mais Elle est très bonne : Elle ne fait aucune réflexion. »

« J'ai voulu enlever mon tablier, mais j'ai tâché en vain de délier les cordons : ça a été ma grande préoccupation devant la Très Sainte Vierge. Je n'ai pas entré dans la chapelle, je suis resté à genoux contre la grille, avec les mains toujours occupées. Je tâchais d'enlever. Je ne me suis pas attardé. Cependant, j'ai causé avec la Très Sainte Vierge. Ce qu'Elle disait m'intéressait. Ce que je lui ai dit L'intéressait peut-être, ou Elle a eu la bonté de faire tout comme. Quand on cause à une personne, on s'intéresse plus à ce qu'on dit qu'à ce qu'on fait. »

Sa Présence se sent bien. Elle est pour l'âme comme le parfum est pour le corps : on ne s'y trompe pas. Dans une autre apparition, la Sainte Vierge, me parlant de cette visite à La Courneuve, Lucifer Lui a dit : « S'il avait regardé, qu'auriez-Vous fait ? » Elle a répondu : « S'il avait levé les yeux, il m'aurait vue ». Elle a ajouté en riant : « Mes anges ont chanté au ciel un cantique sur l'air de celui que je venais d'entendre ». C'était pourtant un pauvre cantique, avec de piètres paroles ! .Au ciel, les anges ont répété l'air, mais point les mots. Du jour où Elle m'a eu dit cela, nous avons chanté ce cantique tous les dimanches à La Courneuve.

• Curé de la Courneuve pendant la guerre
Je trouvais les carreaux de mon église très sales, et je voulais les nettoyer, mais j'ai entendu le saint archange Gabriel et mon ange, qui se parlaient entre eux et disaient : « C'est inutile ». Alors, je ne l'ai pas fait. Très souvent, quand ils veulent me donner de bonnes leçons, ils se parlent ensemble et me laissent entendre leur conversation. Peu d'heures après arrivait la catastrophe, et ces vitres volaient en éclats. Moi, qui restais toujours longtemps dans mon église, ce jour-là, j'ai été bien inspiré.

Il s'est passé un prodige qui rappelle les miracles des saintes Hosties aux Billettes, à Saint-Étienne de Troyes et à Faverney. Le tabernacle, tout, a été arraché ; la Sainte Vierge (la Vierge en plâtre modelée par Edy) a eu un petit éclat à sa robe. Le tabernacle reposait sur deux briques posées de champ. C'est moi qui l'avais fait faire. Tenez : voilà comme c'était. La dalle du tabernacle, elle est partie. Les murs étaient là, mais le tabernacle reposait sur les murets, et le corporal ne touchait pas aux murs : il n'avait pas la largeur suffisante. Le saint ciboire est resté sur le corporal, et le corporal en l'air. Le chanoine de Rochetaillade (archiprêtre de Saint-Denis), après avoir constaté le miracle, a porté le saint ciboire au tabernacle majeur.

• La fondation de la Congrégation
« Les saints paraissent très brillants une fois au ciel ; mais souvent, sur la terre, ils mènent une vie bien misérable. » Remplaçons le mot saints par celui de fondateurs de congrégations, et la parole du bon P. Lamy s'appliquera à lui-même sans discussion. « Il faut, disait-il encore, payer bien cher les consolations spirituelles : mieux vaut ne pas en avoir. On est tout dans le noir après. Si la Très Sainte Vierge était là, derrière la porte, je ne Lui demanderais pas d'entrer. Tout cela se paie : plus encore par les larmes du cœur que par les larmes du corps. »

« A Gray, j'ai vu les congrégations et la congrégation future. La Très Sainte Vierge la souhaite. Il y a bien des choses à ce propos que je ne peux pas dire maintenant, mais je les dirai un jour, une fois opéré le rassemblement. La réunion, je ne la verrai pas longtemps, mais ce sera ma dernière joie. Fonder une congrégation à mon âge, c'est vingt ans trop vieux. Je n'ai pas osé avant. J'ai tellement regimbé – permettez-moi l'expression – même le 9 septembre (1909), qu'Elle m'a dit : « Tenez ! Le voilà qui prie mon Fils contre moi ! » Depuis lors, je voyais le temps passer, et les années, et j'espérais être enterré avant que la Règle vît le jour ; mais la Très Sainte Vierge a prolongé mon existence au-delà de ce que je devais. Je vous l'ai dit et je vous le répète : je ne verrai pas la réunion longtemps, je mourrai peu après. »

« La Règle, Elle m'en a donné les points principaux, l'essentiel, sur l'esplanade de Notre-Dame des Bois. J'ai reçu les avis de la Très Sainte Vierge, non seulement à Gray, mais à La Courneuve et à Notre-Dame des Bois. Pour l'accessoire, Elle l'a laissé à ma discrétion. J'y travaille depuis quelque temps, aussitôt après ma messe, peu de temps chaque jour. »

L'habit des religieux avait été montré au P. Lamy dans une vision, en éléments détachés : « Il m'a semblé voir le costume brun, la ceinture de cuir, le chapelet, le capuchon. J'ai vu le costume seul. Une robe brune : c'est analogue à la robe de Notre-Seigneur, en laine non teinte brun clair des moutons. Ce devait être la teinte des moutons de Palestine de son temps et l'étoffe courante de ce pays. Notre-Seigneur n'a été habillé de blanc que par dérision. Une ceinture de cuir, pas large, de deux doigts, et le bout de la ceinture rentré ; pas de boucle visible. A la ceinture, un chapelet moyen en bois brun, deux fois les grains de celui-ci. Je crois que la Congrégation de Sainte-Françoise-Romaine en a de pareils : je demanderai à la supérieure, que je connais. Il me semble que c'est leur genre. »

• Considération sur l’avenir
Il ne faut jamais bâtir son existence sur des visions, et surtout sur, celles des autres. Dans les choses matérielles, il ne faut connaître que le bon sens. Et dans les choses spirituelles, il faut encore du bon sens ; mais, là, nous ne saurions nous tromper, ayant les règles infaillibles, que Dieu nous a tracées. Il faut se défendre de la mystique. Le démon est derrière la Mère de Dieu (allusion au 9 septembre 1909) : si on laisse passer Celle-ci, on trouve le démon. »

Les rares indications d'ordre général données par le P. Lamy ont été les suivantes : « Elle a bien voulu lever pour moi un petit coin du voile qui nous cache l'avenir, mais j'aime ne pas regarder les événements futurs. Confions-nous tout à fait en Sa miséricordieuse protection. »

« Le saint archange Gabriel m'a dit, en parlant de Lucifer : « Il joue son va-tout ; il croit la partie gagnée », en quoi il se trompe. Satan joue son va-tout. Il faut prier avec espérance, malgré son tapage. Je vous confie ces choses-là : ce sont des miettes. On sentira encore davantage quelle est la délicatesse de bonté de la Très Sainte Vierge, Mater Amabilis, Mater Admirabilis ! On la pressent dans la Très Sainte Vierge. Je lui dis souvent : « Bonne Mère, ne quittez pas le sein du Père, mais écoutez nos prières. »

« La paix sera rendue au monde, mais je ne verrai pas cela, et il se passera d'autres choses, dont je ne verrai pas personnellement la fin. Quand la paix aura été rétablie dans le monde, que de choses seront changées ! La grosse industrie, c'est la guerre. La fabrication des avions, l'exploitation des mines, le travail du fer, tout cela diminuera. Il n'y aura plus de ces grandes usines où la moralité dégénère et disparaît. Les ouvriers seront bien obligés de se rejeter sur la terre. Le travail de la terre reprendra une grande extension. La terre redeviendra très chère. Quand la paix sera rendue au monde, l'industrie se ramènera à des proportions moindres et y restera. Tout s'amoindrira. Ils vont devant l'inévitable ; ils y arriveront tout de même. Ici, la terre a perdu beaucoup de sa valeur et il n'y a plus de bras pour la culture. Nous avions une jolie vigne : ma sœur a voulu absolument vendre sa part pour s'en débarrasser. Elle l'a vendue 100 francs ! Treize ares pour 100 francs ! Aux Archots, j'ai eu l'exemple de 12 ares vendus pour 13 francs ; une autre fois, 13 ares vendus 35 francs. Quand la paix sera rendue au monde, les terres acquerront plus de valeur qu'elles n'ont. Que les vieux ouvriers s'entêtent à mourir dans les villes, cela arrivera. »

« Dieu voulait purifier la foi de son peuple en lui faisant faire un long séjour dans le désert. Les Israélites sont restés toute une génération dans les sables. J'ai souvent médité sur cette rude épreuve. De même, quand Dieu rendra la paix au monde, il faudra le réévangéliser, et cela sera l'œuvre de toute une génération. »

« Il y aura un grand effort à donner pour la conversion des hommes après la paix rendue à la terre. Il y aura bien des difficultés. Saint Paul n'en a-t-il pas rencontré ? L'état d'âme des premiers chrétiens reviendra, d'ailleurs, mais il y aura alors si peu d'hommes sur terre ! Et il y aura à nouveau une floraison magnifique des ordres et des congrégations. »

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